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Le vendredi 18 février, à 20h30 aura lieu un concert exceptionnel à la Ferme du Biéreau, à Louvain-la Neuve. Ancienne étudiante de l’UCL et jeune chanteuse lyrique belge, Clara Inglese a décidé de prêter sa voix en faveur d’Handi’stARTS, « un projet de sensibilisation qui vise à porter un autre regard sur l’art, le handicap et la santé mentale ».
Catherine Demonty et Thibault Lezy, deux jeunes de Louvain-la-Neuve initiateurs de ce projet, sont partis à la rencontre d’associations qui mènent ce type d’activités et relatent ces rencontres sur un blog (http://handistarts.wordpress.com) sous forme de reportages écrits et photographiques. Le but du concert est de soutenir ardemment ce projet dynamique qui sort de l’ordinaire et qui a touché ma sensibilité d’artiste.
Voici en quelques mots les grandes lignes du projet « Handi’stARTS » présenté par ses fondateurs Catherine et Thibault. :
« Il nous semblait plus riche d’élargir notre angle d’approche en ne nous limitant pas uniquement à la déficience mentale, mais en prenant aussi en compte les personnes souffrant de problèmes de santé mentale au sens large, à savoir toutes les souffrances de l’esprit (psychiques) dues à des déterminants biologiques, psychologiques et sociaux qui peuvent porter atteinte au « bien-être » (physique, mental, social) d’une personne.
L’art peut contribuer à un mieux-être de la personne par la possibilité qu’il offre d’exprimer différemment ses sentiments, son angoisse, son ressenti face à un événement marquant, ses attentes, etc. Il peut contribuer à l’intégration ou la réinsertion sociale par la mise en place d’ateliers collectifs en ouvrant les participants aux autres et en les valorisant pour leurs capacités créatives, par des expositions ou des spectacles mettant en avant leurs réalisations, par exemple.
Enfin, l’universalité de l’expression artistique et sa richesse d’un point de vue (inter)culturel en fait aussi un fil conducteur idéal pour ce voyage à travers plusieurs continents.
Pratiquement, ce projet consiste en la réalisation d’une série de « carnets de voyage » centrés sur des initiatives concrètes menées en Belgique et dans différents pays, voyage au travers duquel nous souhaitons mettre en valeur ces initiatives, mais aussi jouer un rôle de médiateurs afin de permettre un échange d’opinions et de pratiques entre celles-ci.
Notre projet vise à donner une image plus positive et nuancée de la maladie mentale, replacée dans le contexte des organismes qui nous auront accueillis, mais aussi de chaque pays que nous aurons traversés au fil d’un parcours qui nous aura menés de l’Europe à l’Amérique en passant par l’Asie. Notre philosophie est bel et bien de mettre le lien entre art et santé mentale au centre de notre parcours et d’élaborer un projet profondément humaniste et proche des gens. »
Qui est Clara Inglese ?
Claire-Hélène Inglese (alias Clara Inglese) est une jeune femme tout simplement fascinante, surtout quand elle ouvre la bouche et se met à parler avec passion de ce qui lui tient à cœur. A 26 ans, cette jeune chanteuse lyrique a déjà tout un parcours derrière elle. Elle a commencé la flûte à bec à 4 ans et le violon à 7 ans avec la méthode Suzuki (méthode qui implique l’engagement total d’un parent aux côtés de son enfant) puis elle choisit le chant vers 12 ans à l’occasion d’un spectacle d’école. C’est à 15 ans qu’elle débute réellement le travail vocal à l’académie d’Uccle (Bruxelles). Au sortir des secondaires, elle aurait bien voulu entrer directement au Conservatoire mais, selon elle, sa voix devait d’abord gagner en maturité. Passionnée par la langue française et la littérature au sens large, elle a donc entrepris des études de romaniste agrégée à l’UCL (Université Catholique de Louvain) pour ensuite enseigner pendant 3 ans le français, le latin et l’histoire à l’Athénée royal d’Auderghem et puis à l’école Notre-Dame des Champs (à Uccle).
Mais la vocation de chanteuse finira par l’emporter largement : c’est en 2007 qu’elle entra au Conservatoire de Bruxelles, en parallèle à sa fonction d’enseignante. Pendant son travail avec ses élèves, elle a eu l’occasion de monter plusieurs fois des spectacles théâtraux et s’est rendu compte qu’elle était littéralement portée vers la scène. Ce n’est qu’en septembre 2009 qu’elle abandonnera finalement son premier métier pour se consacrer uniquement à sa carrière de chanteuse.
« Tout se rejoint » dira-t-elle avec passion. L’opéra, c’est d’abord une histoire mise en scène puis mise en voix. Depuis le début, je suis portée vers l’opéra et je n’ai jamais cessé d’approfondir et de repousser les limites du travail sur ma voix. Une amie m’a donc conseillé en 2007 de m’inscrire au Conservatoire alors que j’avais un temps plein dans l’enseignement, mais grâce à des arrangements et des dispenses gagnées grâce à ma licence en langues romanes, j’ai réussi à m’organiser. Seulement, après 2 ans de ce régime infernal, comme il devenait de plus en plus difficile de combiner ces deux emplois du temps, j’ai décidé d’arrêter l’enseignement pour me consacrer entièrement au chant. »
Pourquoi t’être impliquée dans le projet d’Handi’stARTS ?
« Le chant a toujours été ma première vocation. J’ai une personnalité théâtrale, beaucoup d’énergie à revendre et le chant m’a aidé à canaliser tout cela. Je m’occupe entre autre de l’organisation d’événements, de concerts, comme ce dernier que j’organise pour venir en aide au projet Handi’stARTS. Ce projet m’a beaucoup touchée car il met en évidence le côté humain, l’essentiel dans quelque entreprise que ce soit. L’ « Art-thérapie », c’est aussi l’art du soutien. Mes parents ont divorcé quand j’ai commencé à chanter et cet « Art de la Voix » m’a accordé énormément de bienfaits dans les périodes d’adversité. Quand j’étais étudiante, le Pr Florence (Professeur de psychologie à l’UCL) a donné un cours de psychologie théâtrale dont je me souviendrai toute ma vie et qui m’a aidée à fonder ma propre éthique sur l’art. »
Pourquoi l’opéra ?
« Je suis une interprète et l’opéra raconte nos vies. A la base, il y a toujours un texte littéraire qui supporte la musique et qui est mis en scène au théâtre. J’interprète les œuvres le plus possible dans la langue d’origine (fidèle à l’intention primitive de l’auteur). Je chante avec sentiments l’état d’esprit de mes personnages. Je dois donc d’abord étudier l’œuvre du point de vue historique et artistique, le style littéraire et musical de l’œuvre et le contexte dans lequel elle a été créée. Je cherche alors en moi où cela fait écho ou alors j’imagine comment je pourrais réagir ou vivre moi-même certaines situations. Tout cela conduit à une étude émotionnelle extrêmement importante ! Je veux en outre combattre cette étiquette « m’as-tu-vu » et faire passer le message qu’à la base, l’opéra, c’est la « simple » histoire de nos vies … »
« Il faut distinguer deux types de comportements valables dans le domaine de l’art : l’individuel et l’universel. Notre société est plutôt individualiste, c’est le monde du « chacun pour soi ». En tant que musicienne avant tout, mon objectif est, comme bon nombre d’artistes de nos jours, de mettre mon art au service des relations humaines et de renforcer la conscience collective. Et c’est vrai, il est effectivement parfois difficile de faire aimer l’opéra du grand public. Mon idéal est d’une part de transmettre un vécu d’artiste qui fasse écho au public et d’autre part de transposer les situations de la vie quotidienne dans mes propres interprétations sur scène. Cet entre-deux est exaltant car il me pousse à toujours garder un équilibre, à tenir compte de cette interpénétration entre la scène et le public, entre le théâtre et la vie. « Le monde est un théâtre et le théâtre est peut-être la réalité ». C’est une citation qui illustre parfaitement mon éthique professionnelle et que j’ai souvent utilisée dans mes cours de français. Si tout mon parcours était à refaire, je n’y changerais rien. L’enseignement m’a apporté une facilité de communication (j’ai dû batailler avec des parents, des directeurs, des enfants pour faire valoir mon point de vue) et cela me sert actuellement. »
Que te réserve l’avenir ?
« Dans quelques mois, j’interprèterai le rôle de Thérèse dans “Les Mamelles de Tiresias” (un opéra-comique de Poulenc), à Maastricht. C’est un rôle hilarant mettant en évidence le côté revendicateur d’une « féministe » se disant plus viril que son propre mari… Et puis, je ne suis pas encore au bout de mes surprises. Il me reste encore tout à vivre ! Je suis encore extrêmement jeune et surtout, la passion n’a pas d’âge ! J’ai reçu assez de messages quant à mon choix professionnel. C’est à travers l’opéra et le chant au sens large que je peux agir pour moi-même et pour les autres, que ma musique puisse être au service de l’« Autre ». C’est pour cela que je me consacre régulièrement à des projets qui me tiennent à cœur comme des concerts au profit du Rwanda, d’ Haïti, d’Handi’stARTS ou tout simplement lors du concert annuel que j’organise depuis quelques temps dans la maison de retraite de ma grand-mère et qui me touche plus particulièrement : toutes ces petites dames qui chantent avec moi, pleurent, sourient et se souviennent des temps plus anciens…Partager tout cela me tient très fort à cœur. »
« Aujourd’hui, j’arrive à un stade où je connais les limites de mes outils, tout en gardant en tête que je peux toujours me surpasser ! »
Nous souhaitons le plein succès à Clara pour son concert…et nous viendrons, c’est sûr, l’applaudir ce vendredi 18 février !
Béa
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Tags:Clara Inglese, Concert, concours, ferme du Biéreau, gagner, Kotplanet, lyrique, opéra









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