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Qu’est-ce que le Grand Tremplin ? Qui se cache derrière le Grand Tremplin ? Où se passe le Grand Tremplin ? Kotplanet interviewe une fois encore ces mystérieux personnages du derrière (et du devant !) de la scène pour le plus grand plaisir de ses membres.
C’est en 2008 que le Brabant Wallon a initié l’opération Tremplin pour révéler les valeurs montantes pop-rock de la scène francophone belge avec comme finalité l’enregistrement d’un cd. Jonathan Buscarlet a alors l’idée d’organiser une sorte de bourse professionnelle et en arrive à convaincre tout le monde d’élaborer un projet commun qui réunirait les 2 ou 3 premiers gagnants des 5 différents Tremplin de la Province, leur offrirait une formation de deux jours puis les présenterait lors d’un showcase aux professionnels du monde de la musique lors d’une soirée intitulée pour l‘occasion le « Grand Tremplin ». Au bout du compte, 9 groupes se retrouveront en lice dans les magnifiques salles de la Ferme du Biéreau !
Je me suis donc rendue en coulisses afin de tester l’atmosphère de la Ferme du Biéreau et tenter de comprendre le fonctionnement de cet événement particulier. J’y ai rencontré aussi bien l’instigateur de ce Grand Tremplin, Jonathan, qu’un groupe sortant justement d’une séance de coaching, Julien et Charlotte de Monday Morning, ainsi que le coach responsable de ce fameux groupe, Cédric de Balimurphy….Du beau monde et de belles rencontres, je vous en laisse juge !
Jonathan était penché sur son ordi, prêt à bondir si l’un ou l’autre appelait ; c’est « son » troisième Grand Tremplin, il adore son job, est passionné par ce qu’il fait !
Qui est Jonathan Buscarlet ?
J’ai terminé mes humanités à 17 ans et ai obtenu mon diplôme d’instituteur à 20 ans ; pendant un an, j’ai travaillé et après cette année de boulot, j’ai repris mes études , j’ai fait les Romanes à l’ULB histoire d’avoir un maximum de cordes à mon arc. Je me suis spécialisé en gestion culturelle et à 25 ans me suis dit qu’il était temps de me mettre à travailler. J’ai fait quelques petits boulots pendant un an ; tout d’abord deux-trois mois dans le Cirque du Soleil en temps que saisonnier, mais j’ai détesté cette atmosphère de l’ « art au service de l’argent ». Ensuite j’ai bossé pour un pianiste « fou » pendant quelques mois ; le boulot était plus en temps que psychologue qu’en temps qu’assistant culturel mais j’ai bien aimé ! Enfin j’ai travaillé pour la Maison Internationale de la Poésie à Bruxelles pendant 7-8 mois. Il s’agissait d’un projet spécifique consistant à organiser des événements pour l’ONG.
Et finalement j’ai répondu à une annonce comme « Animateur Musique « non classique » » pour le CCBW (Centre culturel du Brabant wallon). J’ai obtenu ce poste pour mes compétences, bien entendu ;-), mais aussi parce que la personne qui me faisait passer l’entretien d’embauche….était également instituteur de formation et a fait penché la balance en ma faveur ! Le CCBW qui est basé à Court-Saint-Etienne et qui comprend une équipe de 35 personnes a entre autres pour tâche de coordonner tous les Centres culturels du Brabant wallon ; il s’agit de monter des projets communs avec plusieurs centres afin de créer une véritable synergie entre eux. Il en résulte dans le secteur de la musique un partenariat avec plusieurs des grands festivals de la Province comme « Inc’Rock Festival », « Jyva’zik » (depuis la deuxième édition), « Un soir autour du monde » (avec la création d’une troisième scène « découverte »), « l’Antistatic à Tubize »,….
Comment se déroule concrètement ce Grand Tremplin ?
Le Grand Tremplin se déroule plus concrètement en 3 étapes : les 2 premières étapes correspondent à la partie formative du prix offert aux gagnants des différents Tremplins de la Province. Une partie théorique permet aux groupes sélectionnés d’obtenir un paquet d’informations sur le monde de la musique : quel est le statut d’artiste, en quoi consiste-t-il et que faut-il faire pour l’obtenir, qu’est-ce que la Sabam, qu’est-ce qu’un booker, un manager, un agent, a-t-on réellement besoin de tous ces gens….Les membres des différents groupes viennent avec leurs questions…et ressortent avec encore plus de questions en tête MAIS avec des pistes pour y répondre.
Une deuxième partie plus pratique comprend un coaching « intentionnel » ainsi qu’un coaching plus scénique. Pour le premier coaching, Marc-Eric fait un travail sur l’intention du groupe, les influences qu’il subit, la position, l’aspect théâtral. Le deuxième coaching est réalisé avec un ingénieur du son (Benoit comme chaque année) et un artiste déjà reconnu et sélectionné en fonction du style du groupe (plutôt folk, pop, rock, rap….). Les membres du groupe s’installent comme pour un concert et apprennent comment faire une balance, réalisent un petit showcase avec l’entrée sur scène et la sortie de scène. C’est très subjectif !
Pendant la formation, on enregistre un morceau en live et on réalise au final une compilation des 10 groupes participants (9 groupes découvertes + le groupe parrain) sur un CD/DVD qui est produit en 5000 exemplaires, distribué au public pendant le concert du Grand Tremplin et donné aux groupes pour leur usage promotionnel! Cet événement est toujours parrainé par un groupe connu du monde de la musique. Cette année, c’est le groupe « My Little Cheap Dictaphone »(MLCD) qui a accepté de parrainer le showcase du 3 décembre.
A qui est destiné ce Grand Tremplin ?
Le festival de showcases du 3 décembre à la Femre du Biéreau est essentiellement destiné à un public de professionnels (programmateurs, maisons de disques, presse spécialisée, etc.) mais c’est également ouvert au public. Il y a deux salles où les mini-concerts seront donnés alternativement : le Fenil salle acoustique dédiée plus spécifiquement au folk et la grange dédiée quant à elle au genre plus rock. MLCD jouera non pas en tête d’affiche, mais plutôt au milieu car il est réellement présent en temps que parrain au service des groupes émergents. Non seulement MLCD aura coaché 2 jours mais également aura prononcé le « mot du parrain ». Michaël autrement dit Red Boy, le chanteur du groupe, était tout à fait ouvert à ce genre d’initiative .
Un groupe parmi les autres…les « Monday Morning »
Ecoutez-les : [Audio http://blogbea.be/ressource/Monday%20Morning%20-%20son.mp3]
Julien et Charlotte-les « Monday Morning »
Après ces explications enthousiastes, je me suis retrouvée face aux gagnants du Tremplin de Jyva’zik de cette année, les « Monday Morning » : deux liégeois de 21 ans, Julien, étudiant en 3ième bach d’ingénieur de gestion à Namur et Charlotte, étudiante en 3ième et dernière année de COMMU (journalisme). Ces deux-là ont fait connaissance en rhéto : Julien s’occupe de la guitare et Charlotte du chant…Mais Julien chante également… Leur deux voix s’accordent à merveille et cela forme un duo magique (que sans fausse honte j’avoue écouter en boucle dans ma voiture ;-)). Cela a commencé par ce qu’ils appellent de la musique de café…et c’est en passe de devenir un beau succès !
On les a notamment vus au Lasemo Festival, en première partie de Puggy (Ouiiii) et même aux Francofolies de Spa ! La guitare est acoustique, ils composent à deux les textes et leur musique, toujours en anglais car finalement ils écoutent beaucoup d’anglais et l’expression de cette langue leur semble plus musicale . Cela fait maintenant 2 ans qu’ils jouent et ont la chance de rencontrer à chaque fois les « bonnes » personnes, comme me dit Charlotte, « celles qui nous font avancer à petits pas de géant »…A découvrir absolument !
Un coach passionné par son art…Cédric Van Caillie de « Balimurphy »
Quel est le rôle du coach pour ces journées de formation du Grand Tremplin ?
« Le rôle du coach ? Essayer de rendre plus performant un spectacle sur scène. Je ne touche ni à la musique ni au projet. Seule la disposition scénique m’importe : où se placer sur scène, où positionner les micros, les objets dont le groupe aurait besoin. Le coach représente le public lors de ce travail de formation. Je m’intéresse également à différents aspects scéniques comme la position des personnes, comment elles doivent se tenir quand elles ne font rien (difficile d’avoir l’air occupé intelligemment quand il n’y a rien à faire !) ; un chanteur qui regarde n’importe où sauf devant lui, c’est extrêmement dérangeant, le dialogue avec le public est essentiel !
Un deuxième aspect sur lequel le coach que je suis peut intervenir est de « fouiller la chanson » : pour qu’un morceau passe bien auprès d’un public, il faut l’optimiser. L’interprète doit trouver la bonne émotion, l’accord complet entre ce qu’il chante (les paroles) et ce qu’il dit, à qui il le dit et quel effet aura ce qu’il dit sur le public auquel il s’adresse…Il s’agit de chanter VRAI ! Même en anglais, si on réfléchit un peu, l’émotion à transmettre doit être « juste ». Tout à l’heure on travaillait sur le refrain d’un groupe précédent « It’s a wonderful world », si c’est en tirant la gueule, ça ne va pas du tout !
Un troisième aspect extrêmement important est la construction de la set liste des chansons du groupe : quelle chanson mettre en premier, sur quelle chanson terminer le concert ! C’est très subjectif, cela va dépendre des différents tempi, des différentes tonalités des chansons : quand faire des chansons calmes, quand faire des chansons plus rythmées. Pour savoir comment ça colle, il faut faire les débuts et les fins de chaque morceau et on enchaine….
De toutes les façons, quoiqu’il arrive dans le coaching, le patron c’est l’artiste ! Je n’ai qu’une expérience à faire partager, je « sers » juste à optimiser le spectacle. Je n’affirme aucune vérité, je propose juste des avis, des conseils.
Pourquoi m’engager à faire ce coaching ?
Parce que moi-même j’ai eu plein de séances de coaching qui m’ont vraiment été très utiles, qui ont littéralement changé ma façon d’aborder la scène. Je suis convaincu que cela sert à franchir des étapes. Le propre du bon artiste est le doute et le propre du bon artiste est de savoir gérer ce doute…
Ces coachings m’ont fait très vite avancer, un grand bond sur le devant de la scène ! Une demi-journée de coaching pour ces groupes du Grand Tremplin, ce n’est pas grand-chose en soi mais ce sont des pistes qui leur permettront à leur tour d’avancer sur leur chemin…
Qui est le parrain, My Little Cheap Dictaphone* ?
Ce trio liégeois qui a déjà trois albums à son actif (Music Drama en 2002 et Small Town Boy en 2006, suivi de The Trafic Tale of a Genius, leur dernière production) parraine ainsi l’édition 2010 de ce mini-festival de jeunes talents en les accompagnant par un magnifique Opéra-Pop moderne, « The tragic tale of a genius ». Son style oscille entre rock, pop et musique country. Tout est impressionnant dans cet « opéra moderne ». Inspiré par l’univers d’Hitchcock et la folle trajectoire de Brian Wilson, The Tragic Tale of a Genius raconte en 12 chansons (plus une ouverture) valant comme autant d’étapes d’une vie particulièrement mouvementée le destin tragique d’un musicien aussi doué que déchiré par ses démons intérieurs. « Tout flirte avec le meilleur d’une musique à la fois profonde et ambitieuse. C’est d’ailleurs cette folie et cette ambition démesurée qui font de ce dernier CD un très grand disque, enthousiasmant, riche et varié. » (Commentaire dithyrambique du journal Le Soir)
Allez voir notre concours pour pouvoir gagner grâce à la Ferme du Biéreau un duo-ticket vous permettant d’aller vous-même découvrir le résultat de ce coaching en applaudissant ces jeunes groupes de la scène francophone parrainé par My Little Cheap Dictaphone et dites-moi ce que vous en pensez!
Béa
* On retrouve Redboy au chant et à la guitare, Xavier Guinotte à la basse, Jérôme Compère à la batterie et Pierre-Louis Lebacq au clavier.
Tags:Concert, ferme du Biéreau, Grand Tremplin, louvain-la-neuve, MLCD, Monday Morning, My Little cheap Dictaphone







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