“Sans queue ni tête” : interview de Michaël Bier

16 oct

En complément de l’article présentant le nouveau film « Sans queue ni tête » de la réalisatrice Jeanne Labrune, Kotplanet a décidé de s’intéresser plus près aux arcanes de la production d’un film et d’interviewer le Directeur de Casting, le jeune bruxellois Michaël Bier.

En quoi correspond le métier de ” Directeur de Casting ” ? As-tu une fonction particulière dans le choix des acteurs? Pour le commun des mortels (moi en l’occurrence ;-) ) le casting correspond à une “pré-sélection” des différents acteurs (premier ou second rôles) du film….qu’en est-il réellement?

En réalité, la recherche de figurants correspond à un tout autre métier. Je m’occupe plutôt de la recherche de comédiens pour des seconds rôles ou pour des petits rôles ; le réalisateur choisit généralement lui-même le premier rôle ou alors ce sont des contraintes de production qui impose le choix du premier rôle, sauf dans le cas où l’on recherche un premier rôle inconnu du grand public, alors, dans ce cas précis, je peux agir et ouvrir ma « banque de données ». Cette banque s’enrichit au travers des différents castings, tout est gardé, engrangé et partagé. Je travaille sur base du scénario, essentiellement (par choix) sur des longs métrages.

Comment cela s’est-il passé avec Jeanne Labrune pour le film « Sans queue ni tête » ?

La réalisatrice Jeanne Labrune est en partie financée en Belgique et a donc l’obligation de tourner en partie dans notre pays ainsi qu’avec certains comédiens belges. J’ai trouvé par exemple le comédien pour jouer le personnage ecclésiastique qui débarque de manière incongrue dans la chambre d’hôtel.

En quoi consiste concrètement un casting ? Comment fais-tu pour trouver le bon acteur pour le bon rôle ?

Ça dépend tout à fait de ce qu’on cherche : si on a beaucoup de choix, alors j’appelle la personne qui je pense collera le mieux au rôle et qui se trouve dans ma base de données. Par contre, si c’est plus rare (soit on recherche un enfant en particulier ou un ado ou quelqu’un avec une caractéristique physique particulière (p.ex. un asiatique), alors je dois aller sur le terrain (la rue, les sites de castings, la mise d’annonces….).

Il y a souvent deux tours parfois même plus. Le premier choix du réalisateur se fera sur base des vidéos qu’on aura prises, et quelquefois pour le deuxième tour, le réalisateur se déplace pour rencontrer les candidats. Jeanne Labrune s’est arrangée pour rencontrer même les petits rôles, ce qui fait qu’il y a un véritable échange humain et que quand les comédiens débarquent comme des inconnus sur un plateau où tout le monde se connait déjà depuis des semaines, cela facilite leur intégration.

Quelles sont tes ambitions professionnelles? (Travailler sur tel ou tel film, avec tel ou tel acteur? Découvrir de nouveaux talents?…)

Je reçois le scénario du film sur lequel je dois travailler et je rencontre généralement le réalisateur qui peut parfois être très précis dans ses demandes (un homme très grand, de 2 mètres au moins, avec des cheveux bruns) et parfois très flous (je ne connais même pas le sexe du personnage à jouer !). Si je ne suis pas « contre le film », je peux arriver à mettre mon « grain de sel » et faire carrément changer le réalisateur de perspective quant au physique de ses personnages…je peux réellement arriver à enrichir le film en termes de fond.

Et toi-même, quel est le cheminement qui t’a amené à faire du “casting” ta profession? Qui es-tu réellement?

J’ai tout d’abord fait les Romanes à l’université puis j’ai fait l’IAD. Mon papa qui était médecin adorait le théâtre ; il y avait à l’époque une obligation pour les théâtres d’avoir un « médecin dans la salle » pendant les représentations, ce qui fait que nous y allions très souvent !

J’ai donc baigné très jeune dans cette ambiance de scène avec un attachement particulier pour les comédiens…A l’IAD, chacun pouvait développer sa spécificité, et moi j’étais plutôt « branché comédiens » ! En fin de ma 4ième année, j’ai pu assister à des castings, notamment avec le professeur Benoît Mariage qui a notamment réalisé « Cow Boy » avec Benoît Poelvoorde.

Quelles sont tes ambitions personnelles?

Il y a seulement 6 mois, j’ai pu créer ma société de Casting, ADK-Kasting sprl, grâce au « tax-shelter » qui permet une défiscalisation utile en sauvant le cinéma* pour un boulot essentiellement alimentaire, mais que j’ai la chance d’adorer. Je m’explique : je voudrais en fait pouvoir m’occuper de théâtre et de réalisation ; mon rêve est d’être metteur en scène et réalisateur !

Que peux-tu conseiller aux membres de Kotplanet qui tenteraient d’approcher ce métier ?

A la base, sentir qu’on aime ça plus la curiosité de l’autre, rencontrer des nouvelles personnes, aller voir des pièces de théâtre, aller au cinéma, la vie personnelle a toujours tendance à nourrir la vie professionnelle !

Sur ce bon conseil, je vous suggère sans plus attendre d’aller voir « Sans queue ni tête » dont Michaël Bier a réalisé une partie du casting !

Béa

L’équipe de Kotplanet.be
Artémis Productions
ADK-Kasting

*Kotplanet en a déjà parlé dans un article précédent …

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Une Réponse à ““Sans queue ni tête” : interview de Michaël Bier”

  1. nathalie baudin 9 décembre 2010 à 10 h 16 min #

    superbe blog :)

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